dimanche 11 novembre 2018

Dispositifs de présentation des cartes découpées de Michel BUTOR

Comment les dispositifs de présentation, des oeuvres de Mail Art de Michel BUTOR, prolongent-t-ils, visuellement, ses recherches littéraires ?
Comment ces dispositifs de présentation, interrogent-ils l'Histoire des Arts Plastiques ?

vendredi 26 octobre 2018

Esthétique du mail Art de Michel BUTOR: espaces à (dé)couvrir



Esthétique du mail Art de Michel BUTOR: espaces à (dé)couvrir:

Les oeuvres de Mail Art de Michel BUTOR, se présentent, a priori, comme des collages.
Pourtant, ce ne sont pas des collages, au sens habituel, que nous donnons au terme: "collage".
En effet, les images que Michel BUTOR associe, et qui sont, la plupart du temps, des fragments de cartes postales, ne sont pas fixées sur un support avec de la colle.
Il serait plus juste de dire qu'elles sont attachées -ou accrochées- sur un support, à l'aide de ruban adhésif.
Il ne s'agit pas seulement d'un détail terminologique, car ce procédé de fabrication a plusieurs conséquences, plastiques et esthétiques.
D'une part, les fragments d'images ne sont pas figés, ils sont mobiles.
Ils interviennent alors comme des volets, que l'on peut ouvrir ou fermer.
L'oeuvre semble ainsi se rapprocher du dispositif du polyptyque.
Comme dans les retables de la Renaissance, les différentes parties qui composent l'oeuvre, peuvent être, successivement, ouvertes ou fermées, couvertes ou découvertes, en fonction de la liturgie.
C'est-à-dire que selon les périodes de l'année - qui correspondent à des fêtes religieuses - certaines parties du polyptyque étaient montrées aux fidèles (et du même coup, d'autres parties étaient cachées). Par exemple, pour fêter la naissance du Christ, le retable- polyptyque- était ouvert pour montrer une représentation de la Nativité, ou de l'Annonciation.
Cependant, à la différence du polyptyque, les images ne sont pas totalement recouvertes. La plupart du temps, les fragments d'images sont recouverts, en partie.
Ainsi, Michel BUTOR laisse deviner, ou imaginer, ce qui se cache -en partie- derrière les volets mobiles. Un peu comme un jeu de cache-cache, ou plus exactement, de montré/caché.
Il s'amuse avec le spectateur.
Dès lors, nous comprenons que Michel BUTOR développe une esthétique de la (dé)couverte, car l'oeuvre est, tour à tour, couverte ou découverte.
De plus, cette (dé)couverte participe de la surprise, c'est-à-dire du jeu avec le spectateur.


En outre, cette (dé)couverte renvoie à l'idée du voyage.
Écrivain voyageur, Michel BUTOR a écrit la plupart de ses romans sur le thème du voyage.
Or, les oeuvres de Mail Art de Michel BUTOR sont, le plus souvent, des missives envoyées pendant ses multiples voyages. Ainsi, elles témoignent d'un dépaysement, d'un goût de l'exotisme, mais elles indiquent aussi une volonté de créer un voyage imaginaire, un voyage dans les oeuvres (le plus souvent des peintures) de l'Histoire des Arts.

Michel BUTOR, 23 septembre 1997. L : 23 cm, H : 14,3 cm. Fragment d’une reproduction d’un tableau de Diego VELASQUEZ,  Le Marchand d’eau de Séville, 1620, ruban adhésif, papier artisanal contenant des fils, carton d’invitation pour une exposition de Michel Butor intitulée « Ciel de sable », 24 juin-31 aout 1997.
Collection Richard DI ROCCO, ©Photographie Frédéric Chauvreau, 2018. 

D'autre part, la mobilité des images, qui permet un jeu de montré/caché, instaure un principe combinatoire. C'est-à-dire que chaque fragment d'image est associé à plusieurs autres parties d'images, selon que les volets sont ouverts ou fermés.
Cette combinaison des images introduit alors un délai, un temps de lecture.
Il s'agit d'un dispositif de présentation qui se rapproche du livre: un espace feuilleté, des pages qui se tournent, pour permettre la construction d'un récit, d'une séquence narrative.
Or, Michel BUTOR est d'abord un artiste du livre, puisqu'il est connu avant tout comme écrivain.
Cependant, les oeuvres de Mail Art de Michel BUTOR ne sont pas narratives. Elles ne racontent pas une histoire avec un début, un milieu et une fin.
La combinaison des fragments d'images hétérogènes, qui semble à première vue aléatoire, produit néanmoins du sens. Mais ce sens est multiple et décalé.
Ces associations d'images sont polysémiques.
Le dispositif de présentation créé par Michel BUTOR, se rapproche alors du principe du montage.
C'est d'ailleurs sous ce terme de "montage" que BUTOR lui-même désigne ses collages épistolaires:
"ces petits montages de cartes postales et matériaux divers" qui apportent "une légère présence quasi picturale que le texte souvent bref précise en formulant questions et réponses". 
   Michel Butor par Michel Butor, 2006, Paris, Seghers, "Poètes d'aujourd'hui", p. 37.
extrait cité par Marie Odile Germain, De quelques lettres reçues ..., in Michel Butor l'écriture nomade, Bibliothèque Nationale de France, 2006. 

En effet, selon le principe de l'effet Koulechov (qui tire son nom d'un des premiers théoriciens du montage), une image extraite d'un montage cinématographique, n'a aucun sens si elle est isolée.
Chaque image n'a de sens que par rapport à celle qui la précède ou celle qui la suit.
par exemple, un visage impassible pourra successivement évoquer la faim ou le désir, s'il est associé à l'image de nourriture ou d'une femme allongée.


Source: http://upopi.ciclic.fr/seance-2-l-effet-koulechov-0

 Cependant, Michel BUTOR n'intègre ses images dans le flux des images mobile du cinéma.
Il combine des images fixes, qui sont fragmentées et articulées.
Si le dispositif qu'il a choisi peut-être assimilé à un montage, c'est surtout parce que chaque fragment d'image qu'il a choisi ne prend sens que lorsqu'il est associé à un autre fragment d'image - ou de texte.

Or, le fait que les images soient fragmentées, articulées, et superposées -alternativement couvertes ou découvertes- contribuent à créer des associations disjonctives, des combinaisons décalées, qui stimulent l'imaginaire du spectateur et favorisent la polysémie.

En ce sens, Michel BUTOR bénéficie autant de l'héritage de la poésie Surréaliste -qui repose sur des associations disjonctives- que de la tradition moderniste du collage, inaugurée par les papiers collés de Pablo PICASSO.

Il convient encore de souligner que la nature hétérogène des fragments d'images qui constituent les montages des cartes découpées de Michel BUTOR. En ce sens, il rejoint l'essence du collage, qui rapproche des éléments qui proviennent d'horizons divers. Par exemple, le premier collage de PICASSO, intitulé Nature morte à la chaise cannée, en 1912, intégrait un morceau de toile cirée dans l'espace du tableau.

mercredi 24 octobre 2018

Vidéos d'oeuvres de 1982 à 1991

Une sélection d'oeuvres de Mail Art de Michel BUTOR, réalisées entre 1982 et 1991.
 Collection Richard DI ROCCO, ©Vidéos Frédéric Chauvreau, 2018.




samedi 20 octobre 2018

Mail Art 1982 - 1987


Michel BUTOR, Université de Nice, Printemps 1979. Photographie: Richard DI ROCCO.

























Oeuvres de mail Art, correspondance Michel BUTOR- Richard DI ROCCO entre 1991 et 1995. Photographies Frédéric Chauvreau, 2018.


Michel BUTOR, 15 novembre 1982. L : 20,5 cm, H : 14,7 cm. Fragments de cartes postales, rubans adhésifs . Collection Richard DI ROCCO, ©Photographie Frédéric Chauvreau, 2018.




Michel BUTOR, 5 janvier 1983. L : 16,7 cm, H : 12,8 cm. Fragments de cartes postales, rubans adhésifs . Collection Richard DI ROCCO, ©Photographie Frédéric Chauvreau, 2018.



Michel BUTOR, 6 juin 1983. L : 20,3 cm, H : 15,3 cm. Fragments de cartes postales, rubans adhésifs . Collection Richard DI ROCCO, ©Photographie Frédéric Chauvreau, 2018.

























Michel BUTOR, 27 juin 1983. L : 22,2 cm, H : 15 cm. Fragments de cartes postales, rubans adhésifs . Collection Richard DI ROCCO, ©Photographie Frédéric Chauvreau, 2018.

























Michel BUTOR, 17 aout 1983. L : 22 cm, H : 10 cm. Fragments de cartes postales, rubans adhésifs . Collection Richard DI ROCCO, ©Photographie Frédéric Chauvreau, 2018.


























Michel BUTOR, 21 octobre 1983. L : 17 cm, H : 18 cm. Fragments de cartes postales, rubans adhésifs . Collection Richard DI ROCCO, ©Photographie Frédéric Chauvreau, 2018.





 





Michel BUTOR, 11 janvier 1984. L : 10,5 cm, H : 15 cm. Fragments de cartes postales, rubans adhésifs . Collection Richard DI ROCCO, ©Photographie Frédéric Chauvreau, 2018.











































Michel BUTOR, 30 mars 1984. L : 10,6 cm, H : 21 cm. Fragments de cartes postales, rubans adhésifs . Collection Richard DI ROCCO, ©Photographie Frédéric Chauvreau, 2018.




























Michel BUTOR, 16 avril 1984. L : 16 cm, H : 10,5 cm. Fragments de cartes postales, rubans adhésifs . Collection Richard DI ROCCO, ©Photographie Frédéric Chauvreau, 2018.



Michel BUTOR, 4 juin 1984. L : 16 cm, H : 10,5 cm. Fragments de cartes postales, rubans adhésifs . Collection Richard DI ROCCO, ©Photographie Frédéric Chauvreau, 2018.



Michel BUTOR, 22 juin 1984. L :16 cm, H : 10,5 cm. Fragments de cartes postales, rubans adhésifs . Collection Richard DI ROCCO, ©Photographie Frédéric Chauvreau, 2018.



Michel BUTOR, 13 juillet 1984. L : 16 cm, H : 9,5 cm. Fragments de cartes postales, rubans adhésifs . Collection Richard DI ROCCO, ©Photographie Frédéric Chauvreau, 2018.














Michel BUTOR, 21 juillet 1984. L : 16 cm, H : 8 cm. Fragments de cartes postales, rubans adhésifs . Collection Richard DI ROCCO, ©Photographie Frédéric Chauvreau, 2018.



Michel BUTOR, 3 aout 1984. L : 15,8 cm, H : 8 cm. Fragments de cartes postales, rubans adhésifs . Collection Richard DI ROCCO, ©Photographie Frédéric Chauvreau, 2018.




Michel BUTOR, 16 novembre 1984. L : 15 cm, H : 10,5 cm. Fragments de cartes postales, rubans adhésifs . Collection Richard DI ROCCO, ©Photographie Frédéric Chauvreau, 2018.




Michel BUTOR, 29 decembre 1984. L : 15 cm, H : 10,5 cm. Fragments de cartes postales, rubans adhésifs . Collection Richard DI ROCCO, ©Photographie Frédéric Chauvreau, 2018.




Michel BUTOR, 25 février 1985. L : 15,5 cm, H : 10,5 cm. Fragments de cartes postales, rubans adhésifs . Collection Richard DI ROCCO, ©Photographie Frédéric Chauvreau, 2018.



Michel BUTOR, 14 aout 1985. L : 19,5 cm, H : 10,5 cm. Fragment de carte postale, morceau de carte géographique, papier doré, papier aquarelle, peinture,  rubans adhésifs . Collection Richard DI ROCCO, ©Photographie Frédéric Chauvreau, 2018.

















Michel BUTOR, 16 aout 1985. L : 15,8 cm, H : 10,5 cm. Fragments de cartes postales, morceau de papier, rubans adhésifs . Collection Richard DI ROCCO, ©Photographie Frédéric Chauvreau, 2018.















Michel BUTOR, 15 aout 1986. L : 21 cm, H : 14,7 cm. Fragments de cartes postales, carton d'invitation, rubans adhésifs . Collection Richard DI ROCCO, ©Photographie Frédéric Chauvreau, 2018.
















Michel BUTOR, 15 aout 1986. (verso) L : 21 cm, H : 14,7 cm. Fragments de cartes postales, carton d'invitation, rubans adhésifs . Collection Richard DI ROCCO, ©Photographie Frédéric Chauvreau, 2018.

Michel BUTOR, 24 octobre 1986. L : 21,5 cm, H : 15,5 cm. Cartes postale . Collection Richard DI ROCCO, ©Photographie Frédéric Chauvreau, 2018.

Michel BUTOR, 8 novembre 1986. L : 21,5 cm, H : 14,8 cm. Cartes postale. Collection Richard DI ROCCO, ©Photographie Frédéric Chauvreau, 2018.

Michel BUTOR, 14 décembre 1986. L : 21,5 cm, H : 14,7 cm. Fragments de cartes postales, rubans adhésifs . Collection Richard DI ROCCO, ©Photographie Frédéric Chauvreau, 2018.



Michel BUTOR, 19 mars 1987. L : 21 cm, H : 10,5 cm. Carton d'invitation . Collection Richard DI ROCCO, ©Photographie Frédéric Chauvreau, 2018.

Michel BUTOR, 4 mai 1987. L : 21,4 cm, H : 14,9 cm. Fragments de cartes postales, rubans adhésifs . Collection Richard DI ROCCO, ©Photographie Frédéric Chauvreau, 2018.



















Michel BUTOR, 30 juillet 1987. L : 21,5 cm, H : 14,8 cm. Fragments de cartes postales, rubans adhésifs . Collection Richard DI ROCCO, ©Photographie Frédéric Chauvreau, 2018.